J’ai enfin pu le boire. Quelle émotion.
Ardbeg ARDBEG "ISLAY" 1973-1988 SAMAROLI FRAGMENTS OF SCOTLAND 57%
one of 648 bottles
Au nez, une sensation métallique froide et singulière avec du chlore, du crésol, de la confiture d’abricot, des agrumes, une terre mêlée de gravier, des fruits de mer fumés et une tourbe puissante.
En bouche, il se déploie peu à peu avec vigueur. Comme au nez, on retrouve cette sensation métallique froide, du camphre, des agrumes légèrement concentrés, une saveur de malt irrésistiblement dense qui s’imprègne dans la langue, puis une longue finale où le goudron et la fumée s’affirment fortement en plus de tout cela.
【Excellent】
Dans la série « Fragments of Scotland » embouteillée par Samaroli en 1988, voici l’Ardbeg 1973 portant la mention Islay. Il a vieilli environ 15 ans.
Cette série compte aussi le Glen Elgin avec mention Speyside, le Glen Garioch avec mention Eastern Highland, le Highland Park avec mention Orkney, ainsi que le Longrow avec mention Campbeltown (et également le Longrow avec mention New Filling Malt), et tous étaient de superbes malts dignes de l’âge d’or de Samaroli.
Alors que les autres ont été embouteillés à 50% avec réduction, seul cet Ardbeg mentionné Islay a été embouteillé à 57%, et surtout, c’était la seule bouteille que je n’avais jamais bue.
J’ai enfin pu rencontrer cette bouteille que je voulais goûter depuis si longtemps.
Bien sûr, la tourbe puissante et les nuances marines sont là, mais aussi cette sensation métallique froide, les notes de chlore et de crésol, et encore cette terre évoquant le gravier : tout ce que j’attends d’un Ardbeg de cette époque était solidement réuni.
Ce qui m’a paru particulièrement séduisant, c’est que, mis en bouteille à ce haut degré de 57% puis resté environ 30 ans en bouteille, il conserve sa puissance et sa concentration tout en ayant arrondi son agressivité, avec une texture où l’umami vient s’imprégner intensément sur la langue.
Et pourtant, il ne présente aucune dureté propre aux vieilles bouteilles ; je pense vraiment qu’il est aujourd’hui à son apogée de dégustation.
C’est une bouteille que je ne peux pas évaluer sans attachement personnel, mais en pensant à M. Samaroli, j’ai savouré lentement le dernier verre, puis je suis rentré ce jour-là pleinement comblé, corps et esprit.
#Ardbeg (ARDBEG)